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Question 10 : Est-ce qu’il y a des thèmes ou des sujets récurrents dans votre création ?

Transcription


C’est le fun la dernière exposition que j’ai faite, y’a quelqu’un qui a enfin mis le doigt dessus parce je l’avais jamais exprimé ouvertement, j’avais jamais nécessairement pensé même que c’était partie de qu’est-ce que j’faisais. Mais a l’a dit: J’regarde ton travail pis t’es obsédé avec mesurer. Et là j’ai commencé à retourner par en arrière, regarder mes vieux travaux: tous les travaux que j’ai faits ont un élément… quand j’parlais plus tôt de comparaison, bien cette comparaison-là d’habitude a à faire avec soit l’échelle des choses. Alors j’peux avoir une chose qui est petite qui a été agrandie énorme et ensuite une chose qui est énorme qui a été réduite très petite et j’cherche à comparer ces deux choses-là. J’fais des rapports entre l’échelle les choses. Maintenant c’est devenu conscient, maintenant depuis la dernière exposition, depuis que cette personne-là m’a dit ce commentaire-là, maintenant c’est conscient. Ma réaction d’habitude c’est quand j’viens conscient de quelque chose comme ça c’est d’arrêter de le faire. Parce qu’une fois qu’on vient conscient de quelque chose qu’on faisait inconsciemment ça perd son cachet. Mais maintenant j’fais un travail qui très évidemment a à faire avec la comparaison des échelles et l’idée de mesurer. C’est une des choses qui a toujours paru dans mon travail. L’échelle, encore une fois c’est une question de l’échelle, mais c’est aussi une échelle humaine. Le corps humain a toujours fait partie de mon travail. Une partie de ça c’est une curiosité qui est évidemment libidinale. Le plus que j’lis sur la photographie le plus que j’sais qu’une partie du «make-up» psychologique du photographe c’est d’être scopophile, c’est d’être voyeur, et les photographes que j’admire tendent à être des photographes qui se sont pas laissés gêner par ça. Et j’regarde, mon travail a beaucoup eu un côté érotique, peut-être que j’le cachais, peut-être que j’essaie d’exprimer tellement flagrant que ça en devenait une joke, mais ç’a toujours été là. C’est deux choses: entre mesurer l’échelle humaine, mais aussi l’échelle humaine au niveau du drame psychologique qu’on vit tous les jours, et de créer la relation entre ces choses-là. Naturellement pour moi ça s’exprime à travers du paysage, j’suis pas capable de voir un autre façon de le faire. Alors ces trois éléments-là ont toujours eu différents niveaux d’importance dans mon travail et c’est toujours là. Y’en a parfois qui sont par en arrière, comme l’idée du mesurage de l’échelle, des étalons. Maintenant que j’en suis conscient j’ai bien l’impression j’vais commencer à le refouler parce que ça fonctionne mieux refoulé que si ça devient un concept. J’commence à penser à mettre des formules mathématiques sur mes images et j’trouve c’est peut-être un changement trop dramatique, c’est peut-être trop faire des choses trop évidentes. T’as quelque chose qui était tellement subtil pis qui marchait parfaitement avant, alors ça va être intéressant de voir qu’est-ce qui se passe. Mais j’trouve que souvent à mesure qu’on vient conscients des choses qu’est dans notre travail, c’est les refouler: on dirait que ça doit être inconscient, on devrait pas réaliser des choses qui sont trop communes. Parce c’est là qu’on fait le travail psychologique. C’est quand qu’on pense pas à qu’est-ce qu’on fait qu’on est vraiment en train d’être nous-mêmes. Alors les choses que j’suis très conscient de mon travail, j’pense que c’est des rideaux, j’pense c’est de la fumée, c’est des miroirs, c’est la magie de faire les images. Mais qu’est-ce que c’est vraiment, c’est pas à moi à voir.