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Question 19 : Quelles sont les oeuvres dont vous êtes le plus satisfait.e et pourquoi en est-il ainsi ?

Transcription


À savoir quelles sont les œuvres qui me satisfont davantage c’est un peu me poser la question quel serait un enfant de ma famille que j’aimerais le mieux. Alors c’est très difficile à répondre. Si j’accepte de montrer une œuvre, de l’exposer, c’est dire que elle me satisfait pour une raison ou pour une autre, qu’elle est satisfaisante pour moi. Maintenant c’est sûr que y’a peut-être des œuvres que je considère plus fortes que d’autres et j’peux bien vous en nommer au hasard comme ça. J’vais commencer par la fin. Secrets de Varnes, j’suis pas mal satisfaite d’avoir réalisé cette installation-là qui je crois est parlante dans sa simplicité et qu’elle rejoint aussi beaucoup de personnes, non seulement chez les Acadiens, mais toute personne qui a dû lutter au cours de sa vie pour survivre et s’épanouir. Et aussi, j’ai expérimenté vraiment des rencontres très enrichissantes en cours de réalisation de cette œuvre-là. Y’a Apprendre qui fait aussi appel à la réflexion et je crois que cette œuvre-là je l’aime, je trouve qu’elle vient nous chercher et qu’elle est intrigante. Hommage à Euclide C qui rend hommage à un voisin qui avait sauvé mon père de la noyade et cette œuvre-là, disons, m’a demandé, elle a été très lente dans le processus de réalisation et à la fin j’me suis sentie très satisfaite de l’avoir mise au monde, si vous voulez. Y’a Fort comme la vie qui je pense exprime simplement ce qu’elle a à dire, mais qui n’est quand même pas banale, alors j’en suis très contente. Y’a Danser sa liberté qui a été exposée à un moment donné dans un lieu où elle aurait pu être complètement ignorée, mais qui a réussi à gagner une médaille d’or, alors j’suis restée attachée à cette œuvre-là parce que j’pense qu’elle vient chercher les gens, qu’elle a une sensibilité assez particulière. Y’a Racine déracinée qui fait allusion à mon héritage à différents points de vue et qui je crois quand même est assez imposante et intéressante. J’aime beaucoup cette œuvre-là. Je pourrais vous en nommer plusieurs autres. Mais y reste que faudrait pas que je passe sous silence ma première sculpture en pierre, que j’ai réalisée en 1969 aux Beaux-Arts et dont je reste toujours très satisfaite. C’est quand même à ce moment-là où j’ai vraiment reconnu une forme qui m’appartenait, qui était sortie de moi.